Noces ou L'éveil d'un dieu

J'ai regardé partir Ariouna. Et je la suis.
Elle qui marche en s'éloignant des routes connues.
Et qui porte le pied vers d'autres jardins.
Elle avance dans un jour qui s'enfuit.
Étrange et profonde impression d'un être actuel qui ressent le
Centre Primordial, le cherche, le traque, le pince sans le retenir. Car
on ne saisit pas un papillon sans le détruire.
Le récit suit la métamorphose d'Ariouna qui, pas à pas,
s'accomplit au gré de ses étranges rencontres : l'oiseau, la vouivre,
un singe et enfin l'archer...
Ariouna vivifie par un nouveau regard les mythes fondateurs de
l'Occident : le roi Salomon, le roi des évangiles, Osiris, Isis ou le
Féminin voilé...
Mariah Van Dijck montre du doigt la métamorphose à
accomplir, comme on montre du doigt l'étoile au loin qui s'éveille
dans la nuit pour les hommes en chemin.
Silencieusement, point par point, clarté par clarté, le récit décrit
l'effort qui permet cette mutation de l'homme, il en montre le sens
et la splendeur.
Pour éveiller un dieu, il faut recréer le monde...