Les relations entre l'Amérique du Sud et le Moyen-Orient : un exemple de relance Sud-Sud : les cendres d'al-Andalous ravivées à l'aube du XXIe siècle

L'étude qui suit ne manque pas d'audace. Alors que la lecture des
relations internationales privilégie souvent la hiérarchie des puissances,
Élodie Brun nous invite à penser leur autonomie. L'époque ne s'y prête
guère : la notion de tiers-monde paraît vieillie, le non alignement évoque
des positionnements dépassés et le Sud désigne un ensemble éclaté et
insaisissable. A contre-courant, l'auteur se demande pourtant si les
politiques étrangères de quelques pays, traditionnellement classés comme
«périphériques», ne sont pas de nature à créer de nouveaux courants de
solidarité susceptibles de perturber le jeu des puissances qui définissent
l'ordre international depuis 1945. La méthode retenue ne s'inscrit pas dans
un courant théorique précis. Elle relève plutôt d'un recensement exhaustif
d'interactions internationales significatives afin d'en proposer une
interprétation, à la manière d'une sociologie de l'international.
L'ouvrage se penche sur les relations entre deux régions - l'Amérique
du Sud et le Moyen-Orient - à travers l'intensification des liens entre
quatre pays : le Brésil, l'Égypte, l'Iran et le Venezuela. Bien entendu, ce
choix, même justifié, peut soulever des objections propres à toute étude de
cas : le Brésil est une puissance émergente ; l'Égypte a-t-elle encore une
politique étrangère ? ; l'Iran n'est pas un pays arabe ; la diplomatie
vénézuélienne est atypique, etc.
On aurait pourtant tort de s'arrêter là.
Guillaume Devin