Parlement et parlementaires : Bordeaux au Grand siècle

Parlement et parlementaires : Bordeaux au Grand siècle

Parlement et parlementaires : Bordeaux au Grand siècle
Éditeur: Champ Vallon
2007378 pagesISBN 9782876734579
Format: BrochéLangue : Français

Ville rebelle, ville insoumise, Bordeaux fait figure, au XVII<sup>e</sup> siècle, de môle

de résistance face à l'autorité royale sans cesse grandissante. Lorsque le

jeune Louis XIV se présente aux abords de la cité en 1650, il trouve

portes closes pendant près de deux mois... La capitale de Guyenne joue

alors l'un des plus beaux et des plus tragiques épisodes de son histoire : la

Fronde. Deuxième foyer de rébellion après Paris, la cité est le refuge du

parti des princes. Mais c'est oublier que le soulèvement fut initié par ceux

qui sont alors les maîtres de la ville : les magistrats du parlement.

Arnaud de Pontac, Bernard de Pichon, Lecomte de Latresne... Au sein de

la cité, tout dit la présence et la puissance de ces hommes, des hautes

tourelles du palais de l'Ombrière aux majestueuses façades du cours du

Chapeau Rouge, du gibet de la place aux distributions d'aumônes, des

chapelles funéraires à la procession de la Fête-Dieu... La compagnie, forte

d'une centaine de magistrats, domine alors la ville, presque sans partage.

La jurade, comme les autres institutions de la cité, se soumet à son

autorité. Même le gouverneur de la province, le célèbre d'Epernon, aussi

bien que les intendants savent que l'on ne peut braver impunément le

parlement de Bordeaux. Mais cette aura peut-elle se maintenir au temps

du triomphe de l'absolutisme royal ? Durant ce règne qui fut celui d'une

supposée reprise en main des cours souveraines, comment réagit l'un des

parlements les plus indociles du royaume ?

D'une régence à l'autre, de 1643 à 1723, Bordeaux ne cesse donc d'être au

coeur des préoccupations royales et le souverain garde toujours un oeil sur

cette cité rebelle, sur ces magistrats gascons volontiers sujets aux

mouvements d'humeur. Qu'éclate la révolte du papier timbré, et c'est un

exil de quinze ans qui s'abat sur toute la compagnie. Aussi, l'histoire du

parlement de Bordeaux durant la seconde moitié du XVII<sup>e</sup> siècle fournit-elle

une clé d'analyse de la marche à l'absolutisme. Loin des déclarations

péremptoires d'un Colbert ou d'un souverain soucieux d'édifier son

successeur, cet ouvrage propose un regard complémentaire, sinon

contradictoire, d'une réalité habituellement perçue depuis Paris. On y

découvrira que le pouvoir royal use de méthodes beaucoup moins radicales

qu'on ne l'a souvent cru. Le pragmatisme monarchique est fait de

négociations, de retours en arrière... On compose, on évite l'affrontement

direct en se ménageant relais et soutiens au sein du groupe. On

comprendra surtout que l'opposition n'est que l'un des aspects de la

relation roi-parlement et que ce n'en est pas le mode majeur. Rouage

indispensable de la monarchie, le parlement et ses hommes sont avant tout

des juges et se conçoivent d'abord comme des fidèles serviteurs du roi.

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