Salan : quarante années de commandement

Homme secret et controversé, à la fois dernière grande figure de la
France coloniale et chef de l'OAS, la personnalité du général Salan est
à bien des égards un mystère. Son action, pourtant, est connue. Elle
illustre l'histoire militaire de la France au XX<sup>e</sup> siècle, des tranchées de
la Première Guerre mondiale à la bataille d'Alger.
Aspirant en 1918, le conflit de 1940-1945 le trouve partout où
un officier peut combattre. Vient ensuite le temps des incertitudes
coloniales : en Indochine, il frôlera les sommets de la hiérarchie, sans
jamais réunir sous son nom l'autorité civile et militaire. Salan ne séduit
pas le pouvoir politique, qui lui refuse renforts et moyens. Il renâcle
mais reste discipliné. La question algérienne change tout : il entre
pratiquement en rébellion contre les derniers gouvernements de la
IV<sup>e</sup> République, pour rejoindre ceux qui appellent au retour de Charles
de Gaulle. Les évolutions de celui-ci, sa démarche incertaine, troublent
et exaspèrent Salan. Il choisit alors l'exil avant d'aller compléter le
«quarteron» de généraux révoltés puis de prendre la tête de l'OAS ;
ce qui le conduira dans les prisons de la République.
Pierre Pellissier, en racontant ce parcours unique, livre les clés de
lecture d'un homme passé de l'obéissance à la dissidence et, grâce à
des archives inédites, lève le voile qui recouvre la personnalité d'un
soldat admiré puis honni par la République.