Les médicamenteurs : labos, médecins, pouvoirs publics : enquête sur des liaisons dangereuses

Avec son record mondial de quarante boîtes de médicaments par
personne et par an, la France serait peuplée de goinfres de pharmacie.
Principale réplique des autorités à cette «surconsommation», la
«responsabilisation» des patients. Les cancéreux, diabétiques,
cardiaques et autres insuffisants rénaux ne font vraiment aucun effort.
Et qu'en est-il des autres «responsables» ? Des pouvoirs publics qui
supervisent le marché très particulier des médicaments et commandent
94 millions de doses de vaccins contre la grippe A ? Des médecins qui
ont parfois la main lourde quand ils rédigent leurs ordonnances ? Des
laboratoires pharmaceutiques qui n'ont pas vocation à faire de la charité
publique ? Pourquoi le Médiator, à l'origine de milliers de décès et de
maladies cardiaques, a-t-il pu rester plus de trente ans sur le marché ?
Cette enquête sur le parcours des médicaments dans les méandres du
système français, de leur évaluation au suivi des effets secondaires,
révèle de drôles de surprises.
Installée à tous les étages des défaillances de l'État - des instances
qui décident des autorisations de mise sur le marché jusqu'aux cabinets
des médecins et des ministres -, l'industrie pharmaceutique semble
avoir gagné la bataille d'influence. Très souvent, notre système de santé
est pris au piège d'intérêts économiques qui n'ont plus grand-chose à
voir avec la santé de tous.