Charles au travail : en mémoire d'une fin de siècle très moderne

Carole Malapert a cheminé de l'informatique aux ressources humaines, en tant que consultante. Ce parcours, jalonné par une formation universitaire pluridisciplinaire a débouché sur une nouvelle étape : celle de l'écriture.
L'heure est venue pour elle de se livrer à cet exercice délicat pour donner du sens à l'expérience et de tenter d'apporter sa pierre à la difficile construction d'une société plus humaine.
Elle a créé un lieu de travail fictif pour y retracer des faits réels observés dans de grandes entreprises. Charles, le personnage central du récit, raconte avec une naïveté qui touche à la satire, sa vision du monde du travail, émaillée de nombreuses anecdotes. Le regard de cet employé est emprunt d'un poétisme proche de l'univers des films italiens aux personnages burlesques, drôles et cruels.
"Vous savez, ici je fais partie des meubles, ou du décor si vous préférez. Quand la porte de l'ascenseur s'ouvre, au lieu de se retrouver le nez face à un mur, c'est moi que le personnel voit tous les jours. Alors un petit sourire, un mot aimable pour chacun et ça aide à démarrer la journée."
"Je finis même par croire qu'ils prennent les gens pour des pions et qu'ils font des expériences, un peu comme mon petit neveu qui jette tout par terre pour voir ce qui peut arriver. Quand il abîme ses jouets, c'est tant pis pour lui. Ici, on passe les pions par la fenêtre pour voir s'ils arriveront entiers ou en miettes sur le sol. S'il y a de la casse, ce n'est pas grave, il suffit d'en prendre un autre dans la réserve."