Biribi : les bagnes coloniaux de l'armée française

Biribi, c'est le nom donné à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle aux
nombreux bagnes militaires que l'armée française installa
en Afrique du Nord pour se débarrasser de ses «mauvais
sujets» : on y envoyait les fortes têtes, les indisciplinés, les
condamnés des conseils de guerre, les jeunes qui sortaient
de prison, mais aussi parfois les opposants politiques, les
homosexuels ou les faibles d'esprit.
Ce livre retrace, pour la première fois, l'histoire tragique
de ces «corps spéciaux» : compagnies disciplinaires, bataillons
d'Afrique ou ateliers de travaux publics. Il décrit
le sort terrible réservé aux milliers d'hommes qui y furent
envoyés, les brimades, les sévices, parfois les tortures infligées
par des sous-officiers indignes, le travail harassant sous
un soleil de plomb, la violence des relations entre hommes
dans ce qui était considéré comme les bas-fonds de l'armée.
Mais il montre aussi comment le courage de quelques-uns,
condamnés, médecins, militants ou journalistes comme
Albert Londres, contribua à faire peu à peu prendre conscience
au pays de l'horreur quotidienne vécue dans ces camps
disciplinaires.
Les derniers «corps spéciaux» de l'armée française
furent supprimés au début des années 1970.