Pour inventaire

Dans les années 1970, Goldman, Israël et César, trois
hommes de la même génération, s'efforcent, chacun
à sa manière, de donner un sens à leur destin. Mais
la première phrase de Pour inventaire annonce, en
même temps que la mort du père de Goldman, le
suicide de Goldman lui-même, neuf mois plus tard.
L'inventaire c'est celui, exhaustif, que Yaakov
Shabtaï établit des motifs de ce drame. Et, tandis
qu'il requiert, pour comprendre, le passé proche ou
lointain de toute une communauté, il diagnostique
son épuisement, le chaos où celle-ci se débat.
Cette somptueuse enquête romanesque roule dans
son fleuve narratif les vivants et les morts - voix et
corps mêlés. Et parce qu'elle déploie, d'un seul mouvement,
le dedans et le dehors de Tel-Aviv et d'Israël,
l'envers et l'endroit de l'histoire et du politique, en
même temps qu'elle tient le compte exigeant des
minutes de l'angoisse et de la mélancolie humaines,
cette oeuvre, d'une singulière inventivité formelle,
s'inscrit, sous le signe de Proust et de Joyce, parmi les
romans majeurs du XX<sup>e</sup> siècle.