Mon combat pour la terre

Mon combat pour la terre

Mon combat pour la terre
Éditeur: Karthala
2013245 pagesISBN 9782811110048
Format: BrochéLangue : Français

En quoi l'itinéraire de Joseph-Mukassa Somé, fils de chef de terres coutumier dagara (Burkina Faso), baptisé et entré au Petit séminaire par hasard, a-t-il quelque chose de particulier pour qu'il devienne, comme le

dit Etienne Le Roy dans sa postface, une « figure africaine exemplaire » ?

Ce prêtre séjournera par deux fois en France pour y entreprendre des

études de sociologie et écrire une thèse de doctorat en anthropologie. Professeur de sociologie à l'Université Catholique d'Abidjan et vice-recteur, il sera choisi par les évêques du Burkina pour réorganiser la politique de

développement de son pays en dirigeant POCADES (Organisation catholique pour le développement et la solidarité). Toute sa vie, cet anthropologue sera passionné par la défense de la terre, jusqu'à passer près d'un an au Brésil et y partager la vie de ceux qui luttent pour les « Sans-terres ».

Mukassa témoigne de cette capacité qu'a tout homme, né « quelque

part », de donner sens à la nature qui l'environne, aux événements qui

traversent sa vie, de la naissance à la mort : aptitude à s'inscrire dans une

lignée qui permet à chacun de grandir, de procréer et, en mourant, de

trouver une place dans la grande chaîne des ancêtres ; croyance en un être

suprême dont on procède et dont procède la terre ; recherche tâtonnante

de ce que sont le bien et le mal pour chacun et la communauté, avec les

rites à respecter afin que celle-ci survive sans se déchirer. Autant de questions traditionnelles bousculées par d'autres plus contemporaines : comment toute culture s'adapte-t-elle à une mondialisation des idées, poussée

qu'elle est par le vent des nouveaux savoirs, des besoins des jeunes, des

appétits sans limites des plus grands, des plus riches ?

Prenant le relais du sociologue, le prêtre s'interroge sur la capacité qu'a

l'Église à accepter le métissage culturel de chaque peuple, à reconnaître

les valeurs de leur système de représentation et de leur être-au-monde. En

ce qui concerne la terre, l'héritier mène un combat pour éviter une spoliation opérée par l'État ou des puissances étrangères (ce qu'on appelle le landgrabbing ). Son combat, qui n'est pas seulement une défense de biens quelconques, prend la forme d'une croisade pour que les chefs de terres qui ont reçu ce « don de la terre » sachent faire valoir leurs droits, tout en

restant ouverts aux échanges nécessités par le développement.

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