René Depestre : du chaos haïtien à la tendresse debout

René Depestre
Du chaos haïtien à la tendresse debout
Le processus de la mondialisation a forcé René Depestre à vivre dans
une nouvelle perspective d'élargissement et à forger des outils efficaces
de résistance : « ses armes miraculeuses ». Ses nombreuses pérégrinations
et son errance légendaire de toute une vie n'ont pas su lui imposer une
pénible condition d'exilé. La poésie du monde, héroïque et stoïque, l'a
préparé dans ses arcanes à vivre dans la sagesse et dans la joie d'une
époque d'ubiquité culturelle où je est un autre et chacun, une multitude.
Le caractère libre, joyeux, solaire et optimiste de l'écrivain haïtien des
Corbières a su lui construire, sous l'effet de la transculturation, une
solution originale, un habitat sans race, nationalité, frontières, blanc,
étranger, noir, métis et autres mythes qui avilissent la prodigieuse pluralité
de notre univers. Depestre se propose comme objectif prioritaire de
contribuer à la naissance d'une identité-monde, afin de pouvoir intégrer
avec civisme, amour et tendresse la terre-patrie, placée sous le signe de la
civilisation de l'Éros.
L'écrivain-lauréat René Depestre par Journal d'un animal marin
(1964), Alléluia pour une femme-jardin (1981), Un arc-en-ciel pour
l'Occident chrétien (1986), Hadriana dans tous mes rêves (1988) et La rage
de vivre (2006) a bâti une oeuvre maîtresse, tirée de l'histoire tragique et
existentielle d'un peuple généreux et téméraire.