Le sonnet : une forme européenne de poésie

«Un sonnet sans défauts vaut seul un long poème», notait Boileau dans son
Art poétique. C'est pourquoi, sans doute, la tradition sept fois séculaire du
sonnet - inventé à Palerme au XIII<sup>e</sup> siècle - reste vivace parmi nos
contemporains, comme est vivant le souvenir des grands poètes qui nous l'ont
transmise. «Machine à penser» (selon une formule de Louis Aragon),
introductive en poésie d'une manière de dialectique, mais pour un certain
temps confinée à l'Italie, la forme est vraiment devenue européenne à partir du
XVI<sup>e</sup> siècle, dans le sillage de la mode pétrarquiste qui envahit alors les cours
et les villes, en France et en Espagne, au Portugal, en Angleterre, Allemagne,
Hollande... Tombé plus ou moins en discrédit au XVIII<sup>e</sup> siècle, le sonnet
retrouve sa vigueur au XIX<sup>e</sup> dans les pays où il s'était auparavant développé,
tandis qu'il conquiert de nouvelles aires linguistiques : Russie, Pologne,
Hongrie, Roumanie... Cet ouvrage décrit d'abord la technique et retrace
l'histoire du sonnet - qui est aussi une «histoire des sonnettistes» -, en
montrant son évolution morphologique dans les différentes langues où il fut
accueilli.
En second lieu est proposée une anthologie de sonnets composés dans six
langues européennes : l'italien, qui l'a fait naître, l'espagnol, l'anglais,
l'allemand, le russe et, bien sûr, le français. La traduction des poèmes
étrangers est présentée avec le texte original en regard. Chacune des sections
illustre l'expansion européenne de la forme, selon un ordre chronologique qui
est celui de la naissance des auteurs.