Rose d'hiver

Il a ainsi mieux compris la formule de Rimbaud «Je est un
autre» qui sert d'épigraphe à son recueil «Rose d'hiver».
D'ailleurs cette formule de Rimbaud peut avoir deux sens bien différents
: le premier évoque le profond renouvellement de la personnalité
que provoquent la poésie et le changement de l'activité qu'elle rencontre
ou qu'elle implique. Le second est une réponse à ceux qui s'imaginent
que quand un auteur écrit «je», il fait de l'autobiographie.
Le dernier alinéa du poème «Rose d'hiver» qui ouvre le
recueil insiste sur ce thème.
«Laissez-moi, juste avant la dernière étincelle,
Laissez-moi juste avant le cinquième concert,
Crever la croûte épaisse et visqueuse, et rebelle,
Et jouir d'un instant d'éternité tout vert...»
Le cinquième concert c'est tout simplement la mort, parce
qu'il voudrait mourir dit-il, en écoutant le 5e Concerto brandebourgeois
de Bach.
D'autre part, ce qu'il appelle les instants d'éternité, ce sont
souvent les produits de l'oeuvre d'art, poésie ou autre, qui se rencontrent
aussi, mais plus rarement, dans ce qu'on appelle la vie courante.