Apologie du blasphème : en danger de croire

Le monde de la foi est un monde sans respect d'autrui. Un monde de
frayeur, de soumission et de guerre. La foi encourage tous les dénis de
sens, les mensonges, la suprématie de l'ineptie. Le masque de l'amour
dont se parent les croyants cache en vérité sa terrible absence : ce qu'ils
aiment est une idée abstraite, irréelle, et non pas les humains. L'humanité
n'est pas une et indivisible pour les croyants ; elle est composée d'une part
de ceux qui croient en Dieu, dignes de leur attention complice, et d'autre
part des infidèles, des mécréants, des athées. Ceux-là, il faut les haïr, les
mépriser, au moins les bâillonner. Dans cette «logique», un incroyant, ou
même un «mal croyant», est un ennemi. Quand les religions sont dans un
rapport de force favorable, elles n'hésitent pas à tuer au nom de la foi. Tout
cela «en vertu» d'une entité factice, d'un être inexistant : Dieu. Si les
humains croyaient moins, ils s'entretueraient moins. La croyance rend
absurde et aveugle. Aveugle à la réalité des persécutions, des meurtres et
des massacres. «Dieu est bon» assènent les trois monothéismes...
Pourtant, partout règnent le malheur et la désolation, quoi qu'en disent les
émissaires zélés, les théologiens et les ministres des cultes sinistres.
Les trois religions étudiées par Jean-Paul Gouteux ont fait la preuve historique
de leur inefficacité à promouvoir la paix et le bonheur de l'humanité.
Quand elles participaient au pouvoir, elles étaient toujours, au mieux,
les gardiennes du statu quo et de l'immobilisme social, et au pire, des
agents de la régression intellectuelle et d'une oppression politique effroyable.
La morale religieuse a trop longtemps été un moyen d'exploiter socialement
et politiquement les peuples.
N'est-il pas urgent de concevoir et promouvoir enfin une morale humaine,
décidée au sein d'une humanité n'ayant plus de compte à rendre à une
transcendance illusoire, plutôt que de persévérer dans la croyance obtuse
en un au-delà chimérique ? Il est temps que l'humanité entre enfin dans
l'âge de raison.