MK, récit d'un déporté arménien, 1915 : dix années d'errance parmi les Kurdes et les Syriaques : témoignage

Telles furent les dernières paroles de Manuel Kirkyacharian. Adana.
Sud de la Turquie. 1915. Il a neuf ans. Déporté comme des centaines
de milliers d'Arméniens, il perd son père, sa mère, une partie de
son entourage. Il est vendu, échangé...
Quasiment parvenu au terme de sa vie, il décide de consigner, sur
bandes magnétiques, les souvenirs de cette enfance tragique :
le bain de sang, les fuites successives pour échapper à ceux qui l'ont
«adopté» et cette errance de dix ans achevée à Alep où il retrouvera
ceux de ses proches restés en vie. Paroles quasi indicibles, et
pourtant paroles dites, en turc, langue qu'il connaît le mieux.
La force de ce récit réside bien sûr dans l'atrocité des événements
que vécurent Manuel Kirkyacharian et les siens. Mais elle tient
également à l'attitude si particulière adoptée par le narrateur.
Il raconte tout simplement sans jamais se mettre en avant, en se
dissimulant presque derrière ces deux initiales, «M.K.». Il narre
sans pathos et sans haine. Il a su pardonner et trouver des remèdes
aux cauchemars qui le hanteront tout au long de sa vie.
Un récit en cela unique et captivant, empreint d'une véritable
émotion. Un témoignage exceptionnel sur ce terrible massacre.