Information et opinion publique à Toulouse à la fin du Moyen Age

Information et opinion publique à Toulouse à la fin du Moyen Age

Information et opinion publique à Toulouse à la fin du Moyen Age
2013501 pagesISBN 9782357230385
Format: BrochéLangue : Français

Information et opinion publique : ces mots peuvent paraître anachroniques

pour la période médiévale. Pourtant, l'étude des comptes et des délibérations

de Toulouse invite à nuancer fortement ces idées reçues. Dans un contexte

de guerre récurrente et de pression fiscale accrue, la gestion de l'information

devient une priorité fondamentale pour le gouvernement urbain. Une information

officielle, communiquée par messagers et ambassadeurs, permet de

solliciter la clémence et la protection du roi ; en ville, les crieurs publics font

connaître au peuple les ordres royaux et municipaux. Les sources mettent en

évidence un système d'information vertical et hiérarchisé, où à l'ordre venu

des gouvernants répond le droit de requête des gouvernés. La transmission

de ces messages pèse lourdement dans les finances urbaines et représente une

part notable des débats du Conseil de ville.

Mais l'information peut aussi échapper aux pouvoirs et, par la rumeur

populaire ou le secret des délibérations, véhiculer une critique des autorités à

même de dégénérer en révolte. Ces informations révèlent alors des opinions

qui, loin d'être soumises ou passives devant le pouvoir, sont capables de le

remettre en question au nom de principes jugés légitimes. Parmi ceux-ci, la

sacralité royale imprime au cours de la période une marque de plus en plus

forte sur les comportements et les discours. La déférence envers le roi sacré

prend davantage la forme du tabou respectueux que de l'amour filial et sincère.

Elle oriente ainsi la teneur des messages, qui tendent à épargner le roi pour

accuser des pouvoirs ou des personnes de substitution. Dans ce face-à-face

permanent avec l'opinion, les capitouls, principaux magistrats de Toulouse,

sont en première ligne : ils sont non seulement confrontés aux injonctions

pressantes de la royauté, mais aussi à une population exigeante, qui réclame

un gouvernement fondé sur le bien commun et la justice.

Le cas toulousain permet ainsi une réflexion renouvelée sur la question

de la domination et de la communication politique entre gouvernants et

gouvernés à la fin du Moyen Âge.

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