Activité physique et exercices spirituels : essais de philosophie du sport

Si la philosophie veut amener à la clarté du
concept la complexité de l'expérience
humaine, on peut s'étonner qu'elle se soit
si peu, en France du moins, intéressée au
sport, alors que la sociologie a depuis
longtemps reconnu l'activité sportive
comme une «clé pour la connaissance
de la société» (Elias). Le philosophe
succomberait-il au préjugé qui lie de
manière inversement proportionnelle les
capacités ou l'activité physiques d'une part,
et d'autre part la puissance intellectuelle ou
l'exercice spirituel, au point de mépriser le
stade ou de ne le fréquenter que de
manière honteuse, voire déguisé en
supporter ? Écartons cette hypothèse.
Disons plutôt que le sport, dans les sociétés
modernes, a pris une importance telle que
son analyse semble vite cantonnée aux
voies toutes tracées (assurément légitimes
en leur ordre) de la critique anticapitaliste
du sport «business», «spectacle», «opium
du peuple», etc. Ces onze essais de
«philosophie sportive» entendent quant à
eux penser le sport non comme l'effet ou le
symptôme d'une idéologie et d'un système,
mais comme une pratique dont les
retentissements proprement intellectuels
sont loin d'être négligeables. Une pratique
d'abord exercée, et ici pensée, par des
auteurs à la fois philosophes et sportifs.