Deux siècles d'orfèvrerie à Strasbourg : XVIIIe-XIXe siècles dans les collections du Musée des arts décoratifs

L'orfèvrerie, florissante en Alsace
aux XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> siècles, connaît une
extraordinaire renaissance au XVIII<sup>e</sup> siècle
à Strasbourg. En 1681, Louis XIV rattache
au royaume cette ancienne ville libre
impériale et lui concède un certain nombre
de privilèges : l'un d'eux autorise
les orfèvres strasbourgeois à pouvoir
continuer à travailler l'argent
au titre du Saint Empire. Inférieur
à celui de Paris, il permet l'obtention
d'une dorure éclatante et durable qui fera
de Strasbourg la capitale du vermeil,
matériau en vogue durant tout le XVIII<sup>e</sup> et
au début du XIX<sup>e</sup> siècle. Ces orfèvres,
et parmi eux les Imlin et les Kirstein,
véritables dynasties d'orfèvres, comptent
dans leur clientèle les dignitaires
de la nouvelle ville libre royale, les grands
seigneurs allemands possessionnés
en Alsace ou régnant sur leurs territoires
héréditaires Outre-Rhin, ainsi que
les nouvelles classes sociales venant
d'accéder à la richesse dans une ville
commerçante prospère, placée au carrefour
des routes traversant l'Europe.
Cette situation géographique particulière
favorise le rayonnement et la diffusion
de la production des orfèvres
strasbourgeois. Ceux-ci sauront répondre
aux exigences d'une clientèle cosmopolite
fascinée par la qualité de leurs réalisations
mais surtout par la beauté des décors
Régence, rocaille et néoclassique qui
ont établi leur réputation.
La collection d'orfèvrerie du musée
des Arts décoratifs de Strasbourg,
réunie durant un peu plus d'un siècle,
retrace cette histoire prestigieuse
et en est la parfaite illustration.