Luc Barbier : 1903-1989

Luc Barbier méritait cette étude attentive et sans complaisance. Il appartient certes, en plein XX<sup>e</sup>
siècle, à la tradition académique qui a été jetée bas. Il en a les limites mais aussi la noblesse ; celle
d'un homme animé par une haute idée de l'art qui met à son service toutes les vertus du métier.
C'est un graveur savant. Il s'exprime dans cette technique avec un souffle romantique qui donne
de l'ampleur à ses illustrations des villages anciens de la région, de la cathédrale Saint-Jean et du
Pont sur le Rosne. L'aquarelliste, habile, se révèle souvent un paysagiste sensible. Ses notations sur
nature ont une justesse atmosphérique qui les rend attachantes dans leur simplicité.
Il est enfin de ces artistes parfaitement honnêtes, rigoureux dans tout ce qu'ils entreprennent, de
format réduit ou monumental, qui trouvent dans leur pratique scrupuleuse des moments de grâce
semblant les dépasser.
Sans doute faudra-t-il reconsidérer dans le fonds académique lyonnais certains maîtres auxquels
les dieux, touchés par leur constance laborieuse, ont accordé de créer dans la cohérence un peu
figée de leur oeuvre des essais libres et en mouvement.
Luc Barbier - le livre de Ricky Barbier et de Suzy Ortis va contribuer à le remettre en valeur -
comptera parmi les figures les plus dignes de ce bilan de réévaluation.
Jean-Jacques Lerrant