Un toubib dans l'urgence

À 62 ans, le professeur Denis Safran n'est pas un médecin
tout à fait comme les autres. Il a voué sa vie entière à la
médecine, considérant qu'il n'y a pas de séparation entre
son domicile et l'hôpital. Il vit d'ailleurs sur une péniche
amarrée sur les quais de la Seine, à quelques centaines
de mètres de l'hôpital européen Georges-Pompidou.
Issu d'un milieu modeste, fils et petit-fils d'immigrés russes
et polonais, dont la famille a été décimée dans les camps
de concentration, rien ne prédestinait Denis Safran à
embrasser une carrière médicale et encore moins à devenir
professeur de médecine, au temps des mandarins
omnipotents et de l'hôpital des pauvres.
Ce livre retrace 30 ans d'une carrière qui n'a rien de linéaire,
menée tambour battant, hors des sentiers battus, dans une
spécialité aujourd'hui largement reconnue mais longtemps
considérée comme secondaire. Trente années racontées
avec passion mais aussi avec humour, au rythme de l'urgence.
Trente années parsemées d'anecdotes toujours savoureuses,
parfois plus graves quand, par exemple, Denis Safran évoque
les dons d'organes ou participe à son corps défendant à
quelques pages d'histoire. Ce fut le cas au Caire, en 1980,
au chevet du Shah d'Iran qu'il accompagne jusqu'à son dernier
souffle, soupçonnant ses amis d'hier d'avoir voulu hâter sa fin.