La Goutte-d'Or, quartier de France : la mixité au quotidien

Barbès, Goutte-d'Or sont des noms familiers. De l'Afrique aux
provinces françaises, il suffit de dire "j'habite la Goutte-d'Or"
pour être situé immédiatement sur la carte imaginaire de
la capitale.
On y sent les épices africaines, on y entend les négociations et
les rires sur les pas des boutiques, on y voit des boubous colorés
mais aussi les trafics en tout genre, la prostitution, les logements
insalubres... Comment qualifier ce quartier qui semble alimenter
tous les fantasmes et les clichés ? Est-ce une petite Afrique
à Paris ? un melting-pot où tout le monde s'entend bien ?
un quartier à problèmes ?
Aucun de ces poncifs n'est vrai car ils le sont tous. La Goutte-d'Or
c'est tout cela à la fois. Des surprises à chaque coin de rue
pour ceux qui y passent, un spectacle quotidien pour ceux
qui y vivent. Un quartier paisible où se côtoient "Français
de souche" et migrants, le Nord et le Sud. Les habitants sont
fiers et honteux, en colère et résignés, militants généreux
ou individus égoïstes. La vie est tranquille et insupportable.
On ne s'y ennuie jamais.
Sur les pas de Maurice Goldring, témoin actif puisqu'il habite
la Goutte-d'Or depuis presque vingt ans, une promenade
engagée et intime au coeur de ce quartier intrigant. Un portrait
amoureux et sans concession de tous les visages d'un lieu
symbole de l'urbanité contemporaine.