Le social et le sensible : introduction à une anthropologie modale

Les dichotomies de l'intelligible et du sensible, de la raison et de
l'émotion n'ont rien d'universel : ainsi, elles ne peuvent rendre
compte de certaines manières de marcher et de danser du Brésil
- non plus que de ce que nous ressentons à la vue de certains films.
Mais il ne suffit pas de revaloriser le corps (contre l'esprit),
les sensations (contre la raison) pour changer de modèle de
connaissance. Le sens, le sensible et le social ne peuvent être
considérés séparément mais appellent une «politique du sensible»
préoccupée par ce qu'éprouve le sujet.
L'ouvrage met en question la primauté du signe et de la structure
et prête une attention particulière aux tonalités et aux intensités
rythmiques : il se propose, chemin faisant, la construction
d'une «anthropologie modale» permettant d'appréhender les
modulations de nos comportements y compris dans ce qu'ils ont de
plus apparemment anodin.