La guerre civile : représentations, idéalisations, identifications

La guerre civile, qui peut être définie comme un
conflit armé à l'intérieur de ce qui formait auparavant
une communauté juridique unique, est une notion
dont la portée est très large : elle est couramment
appliquée à de nombreuses époques et à des
sociétés très diverses. Et cependant elle présente un
paradoxe : pour chaque situation, ou presque, où
elle peut être invoquée, sa pertinence est contestée
et une partie des observateurs ou des chercheurs
propose une catégorisation alternative. Ce
paradoxe est lié à l'horreur qu'inspire la guerre civile
: elle est couramment regardée comme le plus
violent de tous les conflits et comme un crime inexcusable
commis par celui des camps qui en est
tenu pour responsable. Le présent volume aborde
des cas divers, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque
contemporaine, et se propose de contribuer à une
typologie de la notion paradoxale qu'est la guerre
civile. Il se consacre spécifiquement à deux aspects
qui peuvent rendre compte de la difficulté qu'elle
présente, celui des représentations, y compris littéraires,
qui peuvent être données des camps en
lutte, et celui des idéalisations, c'est-à-dire des affects
sous-jacents aux représentations, qui sont liés
aux identifications et aux choix que fait chacun dans
le conflit.