Chant du Mont fou

Le «pèlerin retardataire» de Chant du Mont fou arpente
les sites chantés dans les textes anciens autour de Kyoto,
ancienne capitale du Japon. Tandis que le tapage moderne
recouvre les traces du passé, que les lieux de la légende
se perdent dans les banlieues pavillonnaires, ou sont défigurés
par les voies et les usines, des poèmes anciens, des
récits épiques lui reviennent en mémoire. Parfois, c'est
un chant folklorique qui lui répond, un récitatif de no, un
haïku aussi fin et léger qu'une goutte d'eau, ou bien le
moine burlesque et grivois d'une épopée lointaine. Peu
à peu, le récit de voyage et les souvenirs se mêlent à un
choeur de voix d'outre-temps qui redessinent le paysage :
la montagne réapparaît, bruissante d'échos courant de
vallée en vallée, même si la ville n'est jamais loin, où l'on
redescendra bientôt, en train, en taxi ou en ambulance.
Le tissage des voix où se croisent prose et poésie,
passé et présent, entraîne le lecteur avec bonne humeur
vers la liberté. Les saisons défilent, fièvre d'hiver, fièvre
d'été, ivresse légère de la marche, le ventre vide, l'esprit
vacant : alors les fantômes commencent à s'agiter et l'imagination
aussitôt s'envole.
Une pérégrination pleine d'humour au pays de la poésie
et du récit épique.