La besace de sagesse

Feng Menglong (1574-1646), un des écrivains majeurs de la
dynastie des Ming, aimait à dire : «l'homme a besoin de sagesse
comme la terre a besoin d'eau ; une terre sans eau n'est qu'un tas
de poussière ; un homme sans sagesse n'est qu'un corps sans vie».
L'homme, et en lui l'écrivain, a eu à coeur de mettre en pratique
son propre dicton en consacrant toute son énergie à recueillir,
rédiger et éditer des histoires et anecdotes populaires tirées
d'abondants matériaux officiels ou des annales littéraires et historiques
des siècles passés. Entre autres ouvrages plus connus
comme les Sanyan (Les Trois Propos), il a choisi un millier de ces
histoires présentant un «exemple» particulier de sagesse qu'il a
publiées en un volume original et brillant intitulé «La Besace de
sagesse» (Zhinang quanji).
Le contenu de cet ouvrage, les thèmes qu'il aborde comme les
personnages qu'il nous décrit sont aussi riches que variés.
Le monde qu'il nous décrit nous fait passer des grandes stratégies
d'Etat aux épisodes légers du quotidien des villages et des
bourgs, alterne les personnages importants de la vie politique,
militaire ou littéraire et les commerçants ou les valets, les artisans
ou les maçons, les paysans ou les soldats. Ce millier d'anecdotes ou
d'histoires brèves fourmillent de personnages brillants ou de situations,
de «cas» exemplaires qu'a retenus la longue histoire de la
Chine.