Journal international de bioéthique, n° n°2-3 (2013). L'enseignement de la bioéthique. Teaching bioethics

Trois décennies se sont écoulées depuis l'évènement historique constitué par
la naissance de Louise Brown le 25 juillet 1978 au Royaume-Uni, le premier
enfant conçu par Fécondation in vitro. Depuis quelques années, le champ de
l'assistance médicale à la procréation a largement dépassé le cadre de la prise en
charge du couple infertile. En effet, les avancées techniques rendent désormais
possible la congélation d'embryons, d'ovocytes et de tissu ovarien en vue d'une
utilisation future.
Parallèlement, les progrès thérapeutiques dans la prise en charge des cancers de
l'enfant et du jeune adulte ont permis une augmentation significative des taux de
survie, au prix, dans un nombre non négligeable de cas, d'une réduction du
potentiel de fertilité. Ainsi, les techniques visant à préserver cette fertilité avant
initiation du traitement gonadotoxique doivent désormais faire partie intégrante de
la prise en charge multidisciplinaire du cancer chez l'enfant et les patients en âge de
procréer. Au-delà du cancer, la préservation de la fertilité se doit également d'être
envisagée devant toute situation médicale susceptible de différer le projet parental.
Comme toute discipline émergente touchant au domaine de la procréation, la
préservation de la fertilité soulève de nombreuses questions psychologiques,
éthiques et juridiques.
Les coordinateurs de cet ouvrage ont initié la préservation de la fertilité avec les
équipes clinico-biologiques de l'hôpital Antoine Béclère à Clamart. Ils ont pensé ce
livre, destiné aux gynécologues, chirurgiens, oncologues médicaux, hématologues,
internistes et spécialistes des cancers de l'enfant, afin qu'il contribue à la prise de
conscience de la nécessité systématique d'intégrer la préservation de la fertilité dans
la gestion des affections chroniques du sujet jeune. Cet ouvrage va également
pouvoir servir de référence pour aider à la prise de décision dans les cas les plus
difficiles, pour lesquels la balance bénéfices/risques est la plus compliquée à établir.