Bobigny : le procès de l'avortement

En novembre 1971, la jeune Marie-Claire C.
est transportée d'urgence dans une clinique
de la région parisienne : elle est victime d'une
«hémorragie», euphémisme courant à l'époque
pour désigner les conséquences parfois tragiques d'un
avortement clandestin qui a mal tourné. La jeune fille
en réchappe, mais, dénoncée par le responsable de sa
grossesse, elle comparaît en octobre 1972, devant le tribunal
pour enfants de Bobigny. Défendue par l'avocate
Gisèle Halimi, Marie-Claire devient, un peu malgré elle,
le porte-parole de tous les partisans de la légalisation
de l'avortement.
C'est toutefois le procès de sa mère, poursuivie en
novembre 1972 pour «complicité d'avortement», qui
portera le débat sur l'interruption de grossesse sur le
devant de la scène. En effet, Gisèle Halimi y appellera
à la barre une série de «grands témoins», prix Nobel,
hommes politiques et acteurs du débat social. Tous
viendront dénoncer une loi répressive, inefficace et socialement
injuste. Plus que celui d'une femme, le procès
de Bobigny devient alors le procès de l'avortement et
de ses conséquences souvent tragiques.