Jean Bautista Alberdi et l'indépendance argentine : la force de la pensée et de l'écriture

Juan Bautista Alberdi, né en Argentine en 1810, mort en France
en 1884, fut un acteur engagé, un témoin lucide et un fin analyste
de la longue et difficile marche vers l'indépendance argentine. Il
vécut des longues années en France, d'abord comme représentant
diplomatique, ensuite comme ambassadeur sans titres ni créances
d'une conscience sud-américaine bien en avance sur son temps.
Jean Jaurès, en visite en Argentine en 1911, lui rendit un hommage
appuyé en affirmant que ses écrits appartenaient au trésor commun
de l'esprit humain et qu'ils pouvaient côtoyer sans pâlir ceux de
Tocqueville, Laboulaye, et même Montesquieu. Les pages de son
livre Le crime de la guerre résonnent encore par leur pertinence et
leur modernité. Entre autres mérites, il sut anticiper et dénoncer
la dérive militariste qui marqua plusieurs pays d'Amérique du Sud.
En 1844, ce penseur érudit et visionnaire formulait déjà un programme
audacieux d'unité douanière, de monnaie unique et même
d'une banque propre à la région latino-américaine.
Dans le contexte commémoratif des bicentenaires des indépendances
latino-américaines, des spécialistes de France et d'Argentine
ont été réunis pour nous offrir dans Juan Bautista Alberdi et l'indépendance
argentine. La force de la pensée et de l'écriture un livre essentiel
pour comprendre l'originalité du processus de construction
nationale après la rupture du lien colonial et pour saisir l'importance
des efforts intellectuels qui ont rendu possible une telle
entreprise.