La malbouffe libre et non faussée ou Comment l'Europe ultra-libérale tue notre gastronomie

Comme un gigantesque artichaut, on en effeuille scandale après scandale chacune des
facettes. On découvre chaque jour les méfaits de la concurrence libre et non-faussée
européenne sur la qualité alimentaire. Mais va-t-on au coeur du problème ? Non !
Tout au contraire, on cherche à minimiser et à rassurer par des mesures qui sont autant de
lignes Maginot, inefficaces parce qu'elles ne s'attaquent pas encore au coeur du problème.
Sait-on que si l'espérance de vie progresse, celle en bonne santé régresse ?
Sait-on que la biodiversité agricole risque de disparaitre ? Que notre patrimoine
gastronomique est menacé ?
Sait-on que derrière les mesures affichées de transparence et de contrôle par lesquelles le
consommateur se croit protégé, un système opaque brouille et rend inefficace une grande
part de ces protections ?
Mais il est aussi une dimension stratégique sur laquelle l'auteur veut particulièrement
insister. Stratégique car une gigantesque guerre alimentaire fait rage dans un monde en
pleine mutation où les exigences de santé et de qualité deviendront essentielles et où la
question de la suffisance alimentaire est vitale. Or, l'Union européenne, en participant à la
demobilisation du monde agricole, en favorisant la dérive vers la médiocrité, le nivellement
par le bas des exigences qualitatives, se tire une balle dans le pied. Son organisation et ses
orientations actuelles participent de cette évolution vers la «malbouffe libre et non-faussée»
qui doit être dénoncée.