Sans maître : poèmes, au-delà des poèmes

«Pourquoi des poètes en temps de détresse ?» : nous dit
Rilke. C'est le cri auquel seule la poésie peut répondre. Dans
une période crépusculaire où tout est standardisé,
conceptualisé, seule la métaphore est à même de nous ouvrir
cet horizon de sens qui nous rend une humanité qui nous fut
confisquée, et pendant longtemps, par une barbarie sans nom.
C'est à ce moment-là que nous avons besoin de poètes, ces
grands «savants», ces grands «malades» qui nous ouvrent
la voie vers la grande espérance, eux qui n'ont jamais rompu
avec l'âme, ce trésor enfoui sous les décombres d'un monde
quantifié et arraisonné. Oui le poète est ce grand «savant»,
ce grand crucifié. Notre poétesse Soumia Mejtia , n'échappe
pas à cette damnation qui poursuit l'humain en nous qui désire
l'être authentique :
«Suis-je la seule damnée qui recrute les maux des autres,
s'en repens et s'avertis de ses dam et en fais le tri ? <sup>1</sup>»
Extrait de préface par Hassan Chafik
Dr Professeur de littérature française
1 Soumia Mejtia, «l'éternel héritage», Sans Maître