Les Vandales et l'Empire romain

Des Vandales l'abbé Grégoire avait en 1794 tiré "un mot pour tuer la
chose" : vandalisme. L'imagination des peuples et celle des savants
se sont souvent conjuguées pour faire des "hordes barbares" qui franchirent
le Rhin la nuit du 31 décembre 405 ou 406 le symbole de
l'hostilité à toute civilisation. L'ouvrage posthume d'Yves Modéran
entend faire justice des stéréotypes et proposer une histoire des Vandales
fondée sur la recherche la plus à jour, depuis les siècles obscurs
de leurs origines jusqu'à leur installation dans l'Afrique du Nord romaine
au V<sup>e</sup> siècle de notre ère. C'est alors qu'ils assiégeaient Hippone que
saint Augustin mourut le 28 août 430. La prise de Carthage, à l'automne
439, signa l'établissement d'un "royaume barbare" dans l'une
des régions les plus prospères de l'Empire romain, qui fut ainsi singulièrement
affaibli. Un siècle plus tard, l'historien grec Procope, qui
participa à l'expédition de reconquête victorieuse de l'Afrique menée
par les troupes de l'empereur Justinien en 533, et qui fut donc un témoin
direct du dernier État du royaume vandale, pouvait écrire : "De
tous les peuples que nous connaissons, les Vandales sont le plus délicat."
Yves Modéran commentait : "Si les conquérants des années 430
n'étaient certainement pas de paisibles voyageurs, leurs descendants
étaient plus romains que beaucoup de leurs vainqueurs."