L'héritage byzantin en Italie (VIIIe-XIIe siècle). Vol. 2. Les cadres juridiques et sociaux et les institutions publiques

L'héritage byzantin en Italie (VIIIe-XIIe siècle). Vol. 2. Les cadres juridiques et sociaux et les institutions publiques

L'héritage byzantin en Italie (VIIIe-XIIe siècle). Vol. 2. Les cadres juridiques et sociaux et les institutions publiques
2012729 pagesISBN 9782728309412
Format: BrochéLangue : Italien

La question de la présence byzantine en Italie est un sujet central pour l'histoire de la Péninsule. Rien

d'étonnant à ce qu'elle ait suscité et continue de justifier quantité de travaux scientifiques majeurs. Le

propos, ici, vise à analyser de manière critique l'attribution à l'ancienne présence byzantine de certains

caractères originaux indéniables qui, au coeur du Moyen Âge, peuvent distinguer les régions autrefois

byzantines au sein de l'Exarchat de Ravenne (Venise, Ravenne, Rome, Naples, Amalfi et Gaète) de celles de

tradition lombarde, dans tous les domaines : le droit, les régimes agraires, la rédaction des actes de la

pratique, les critères de distinction sociale, la vie religieuse etc.

Après un premier volume de recherches sur la production documentaire et ses formes, ce tome envisage les

questions, fortement liées entre elles, des cadres juridiques et sociaux d'une part, et des institutions

publiques d'autre part.

Le rôle de passeur juridique qui a pu être joué par l'Italie byzantine (notamment méridionale) est finalement

à nuancer. En revanche, l'application d'un droit «romain» devenu coutumier distingue les régions autrefois

byzantines ; ce droit tend généralement à renforcer la solidarité familiale et confère à la femme un

statut qu'elle n'a pas dans les zones lombardes. La précoce évolution de l'anthroponymie vers la dénomination

double et l'usage presque exclusif de noms chrétiens distinguent encore les régions ayant dépendu

de l'Exarchat.

Dans le domaine des institutions publiques, les rémanences antiques (qui continuent parfois très longtemps)

ne doivent pas masquer de durables évolutions ; ainsi pour les édifices abritant le pouvoir ( palatia et

praitôria ) et la frappe monétaire, domaines dans lesquels le modèle byzantin se répand dans toute l'Italie.

Les aristocraties, de matrice exarchale, se transforment profondément au X<sup>e</sup> siècle, même si l'usage de

titres et prédicats anciens subsiste par endroits. La Sardaigne évolue en vase clos. Enfin les thèmes

byzantins de l'Italie méridionale connaissent le régime byzantin classique (système fiscal, dignités),

dont certains éléments durent à l'époque normande.

Au total, les références manifestes au monde byzantin dans le domaine des institutions juridiques, sociales

et publiques de l'ex-Italie byzantine masquent mal les réelles et profondes évolutions des structures, et manifestent

plus souvent une réminiscence volontaire de l'Empire romain d'époque paléochrétienne, comme

modèle d'idéologie politique et de «capital symbolique», que la permanence d'un héritage byzantin continu.

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