La femme remodelée : centrer la grâce d'être femme sur la maternité : choix de Dieu ou des hommes ?

Dans les premiers récits bibliques, une altérité radicale semble
posée au seuil de l'aventure humaine entre deux êtres créés
à partir du «terreux», cet ha 'adam modelé par Dieu. Mais
à l'heure où les sciences humaines bousculent, voire récusent, une
différence qui se veut pourtant garante de l'alliance entre Dieu et ses
créatures, on ne saurait s'interroger sur la situation des femmes dans
l'Église en ignorant ces acquis des recherches anthropologiques et
sociales. On découvre ainsi une heureuse consonance entre ce qui se
cache derrière l'expression hébraïque 'ezer kenegdô - littéralement
«aide» ou «secours» en vis-à-vis - placée au coeur du second récit
de la création, et certains aspects du courant contemporain porté par
l'éthique du care.
La question se pose alors à la théologie d'évaluer la juste place des
femmes et particulièrement du bien-fondé de la récurrence avec
laquelle la grâce d'être femme a été centrée sur la maternité. Un tel
procédé, sous couvert de valorisation, ne serait-il pas précisément
responsable de leur maintien dans un état de subordination dont
elles peinent à sortir ?