Le mythe de Venise au XIXe siècle : débats historiographiques et représentations littéraires : actes du colloque de Caen, 19-20 novembre 2004

Du Moyen Âge jusqu'à la Révolution française, Venise a été
considérée comme la ville de la paix sociale, de la prospérité
économique et du gouvernement mixte. Ce mythe politique a pris fin
avec la chute de la République aristocratique en 1797, et s'est transformé
par la suite en un mythe essentiellement littéraire et esthétique.
Pourtant, derrière l'éloge de Venise il y avait bien souvent, au XIX<sup>e</sup> siècle,
la nostalgie d'un régime fondamentalement aristocratique. L'ouvrage
porte sur le mythe de Venise au XIX<sup>e</sup> siècle, considéré à la fois
dans sa dimension littéraire (Chateaubriand, Byron, Balzac, Gautier,
Nievo, Nietzsche, D'Annunzio, Barrès) et historiographique (Foscolo,
Daru, Tommaseo, Manin, Michelet, les manuels d'histoire de l'Italie post-unitaire).
Il met en lumière les correspondances entre les représentations
littéraires de Venise à l'époque romantique et décadente, et la
vision historiographique d'un État au gouvernement mystérieux et
ténébreux élaborée par les historiens européens du XIX<sup>e</sup> siècle.