La délégation d'activités étatiques au secteur privé

L'État s'appuie aujourd'hui sur le secteur privé pour déployer les nombreuses activités qui
sont les siennes et cela suivant de multiples formules : en tant que client ou partenaire, dans
le cadre de collaborations ou au sein de structures communes (sociétés d'économie mixte),
voire dans le modèle de la privatisation. La 18<sup>e</sup> Journée de droit administratif, organisée à
Lausanne le 10 février 2015, a ainsi choisi pour thème une modalité particulière de cette
collaboration, fréquente aujourd'hui, celle de la délégation d'activités étatiques au secteur
privé. Elle implique un transfert - partiel - de responsabilité de l'État au bénéficiaire de la
délégation, pour un ensemble d'activités déterminées ; tel est le cas par exemple de celles
accomplies par une caisse maladie dans le domaine de l'assurance-maladie sociale, une
association interprofessionnelle investie de tâches de formation professionnelle ou encore
le concessionnaire d'une ligne de transport public.
Dans un premier temps, l'ouvrage revisite brièvement le phénomène dans une approche
non juridique. Il s'agit en particulier d'en repérer les justifications (managériales ou, plus
largement, économiques) et de prendre la mesure des objections qu'on lui oppose, notamment
sur le plan démocratique.
Le coeur de l'analyse porte sur le régime juridique applicable à ce mécanisme. Après une
introduction générale, les principaux thèmes liés à la délégation de tâches publiques sont
abordés. Comment, tout d'abord, prend naissance la relation entre l'administration et le
délégataire, par quel type d'acte (décision, contrat) et selon quelle procédure intervient le
choix du délégataire ? Sont traitées ensuite les relations de ce dernier avec les particuliers,
plus spécialement sous l'angle des droits fondamentaux. L'ouvrage présente en outre le
cadre juridique pertinent lorsque la délégation porte respectivement sur une activité
étatique classique (ministérielle ; non économique) ou, au contraire, sur une activité à caractère
économique ; les divergences, on le verra, sont nombreuses entre ces deux grandes
catégories de délégations. Une étude sectorielle, consacrée au cas spécifique de la délégation
aux hôpitaux (qui porte plus précisément sur les prestations de soins aigus en milieu
stationnaire, à charge de l'assurance-maladie de base), complète la perspective. Le présent
ouvrage dresse en définitive un «état de la question» du droit suisse sur le thème très actuel
de la délégation ; une synthèse finale permet encore de nouer la gerbe dans une approche
comparative.