Jérôme 1800 : le Français au pays des Savoyards : pour tout l'amour de la bonne Louise et de Florentine la divine

Pour la première fois depuis son mariage avec Louise, Jérôme
allait se trouver seul en face de Florentine. N'avait-il pas promis
à Germain de la protéger quoi qu'il arrivât ? Il eut une légère
hésitation en frappant à la porte de la chaumière.
Elle apparut dans l'embrasure de la porte. Elle parut soudain
gênée de se retrouver seule en face de lui.
- Entrez, réussit-elle à dire, asseyez-vous, voulez-vous un verre
de cidre ?
- Volontiers, s'entendit répondre Jérôme, troublé malgré lui.
Tout en buvant la boisson fraîche, il ne cessait de contempler
Florentine. Dieu, qu'elle était belle avec cette peau nacrée et ses
cheveux d'un blond léger qui s'échappaient de la coiffe ! Il la
trouvait telle qu'autrefois, sa tenue négligée dégageait la
blancheur de son cou et de ses épaules nues.
Il faisait un grand effort sur lui-même pour ne pas s'élancer vers
elle et la prendre dans ses bras.
Il y avait trop longtemps qu'ils attendaient, l'un comme l'autre,
cet instant inespéré, ce bonheur était là, il ne fallait pas le laisser
s'échapper. Plus rien ne comptait que l'accomplissement d'un
amour qui voulait sa revanche.