Le secret d'Alice : pour survivre à une tragédie. La mort de Maxime : entretiens entre deux orphelins de guerre

Alice Girault, vieille dame berruyère raconte volontiers qu'elle a eu une «vie
exceptionnelle».
Son père, grand blessé de la Première Guerre mondiale, devient clochard. Sa mère,
veuve d'un instituteur mort à la guerre, l'épouse, croyant qu'un nouvel amour
pourrait la guérir de ses souffrances psychiques. Alice naît en 1920. Sa mère,
malade, est internée en asile psychiatrique, jusqu'à sa mort.
Alice, jeune bonne à tout faire sancerroise, épouse Julien, brillant instituteur, qui
devient chef de la Résistance communiste FTP dans le Cher sous le nom de
«commandant Maxime». Ensemble, ils connaissent l'amour, l'Occupation et les
actions clandestines. Et puis un jour, le 16 août 1944, Julien ne revient pas d'une
mission stratégique pour l'avenir de la Résistance. Son corps est retrouvé le 26 août
à Saint-Germain-du-Puy. Son assassinat n'a jamais été élucidé.
Pour Alice, jeune veuve, mère d'un enfant, la vie continue... C'est l'époque de la
libération du Cher, dans la joie pour les uns, la douleur pour les autres. Dans la
longue vie d'Alice, il y a eu de la peine, du travail, du sang, des armes et des larmes,
mais aussi des aventures, du sexe, de l'amitié, de la tendresse, de l'humour et de l'amour.
Elle la raconte dans des confessions parfois impudiques à Gilbert Moreux,
dont le père, soupçonné de collusion avec l'ennemi, a été assassiné le 5 juin 1944
par des résistants FTP. Alice et lui se sont rencontrés lors de l'enquête qui lui a
permis d'écrire Pourquoi mon père ?
Le secret d'Alice se détache de l'historiographie convenue, souvent peu
respectueuse des sentiments humains.
En annexe, Gilbert Moreux s'entretient avec Michel Girault, le fls de Julien et Alice,
au sujet de la mort de «Maxime», le père qu'il n'a pas connu.