Limoges CSP : un nouvel art du feu

Longtemps, Limoges fut mondialement
identifiée aux Arts du feu, porcelaine,
émail, merveilles d'une transmutation
aussi précise que fragile où la beauté naît
brûlante. Un patrimoine pour l'Histoire,
sans aucun doute. Paradoxalement,
la ville elle-même dut s'accommoder
d'une double réputation de froideur et
d'esprit rebelle. Et puis, vint le basket... Le volontarisme des dirigeants qui placèrent le
Limoges CSP sur l'orbite du succès national et international fit lever une passion nouvelle,
vite partagée par une population dont le goût et l'appréciation de ce sport ne cessèrent
de se bonifier. Au palais des sports de Beaublanc, les joueurs ont démontré depuis plus de
trente ans un talent incandescent capable de déjouer les adversaires les plus prestigieux,
leurs supporters leur témoignant en retour une affection aussi fougueuse : un nouvel art
du feu était né qui fait aujourd'hui mémoire commune et a continué de drainer vers son
creuset une foule enthousiaste et fidèle, jusque dans les périodes de déclin du club.
Champion de France en 2015 pour la onzième fois, le CSP passionne toujours, génère des
discussions enflammées entre connaisseurs - ou pas - et offre à sa cité, à sa région, l'image
d'un dynamisme qui lui fut longtemps dénié. Son aventure est une des plus belles, des plus
étonnantes aussi, qu'ait connu le sport français et cela suffisait à ce que l'on se retourne
sur elle pour tenter d'en comprendre les ressorts profonds, pour prendre le temps aussi de
revenir vers les hommes qui ont écrit et marqué cette histoire. Après tout, le sport vaut
davantage pour la beauté du geste, pour les hommes qui le servent que pour le score final.
C'est dans cet esprit que nous les avons sollicités, champions qui furent dans la lumière
et la fournaise, les Apollo Faye, Richard Dacoury, Ed Murphy ou Michael Young... comme
supporters anonymes à qui le CSP offre un art de vivre, une passion à partager. La leur, la
nôtre aussi.