David Lynch : un cinéma du maléfique

«Enrique Seknadje, auteur au Camion Blanc d'un portrait de David
Bowie en Ziggy Stardust, aborde ici l'oeuvre de David Lynch de façon
"lynchienne" : le réalisateur est mis en scène dans ses propres territoires
hallucinés, et l'auteur joue de la fameuse boîte bleue ( Mulholland
Drive ) et de sa clé, enfin réunies dans les mains d'une seule et même
personne. Enrique Seknadje devient le Bob de Lynch, cette personnification
du maléfique et de la manipulation, pour visiter l'oeuvre du
réalisateur en nous dévoilant tous les compartiments secrets de la psyché
lumineuse, tourmentée et chaotique de leur créateur. Car les films
de Lynch tendent un miroir au cerveau humain : non linéaires, dotés
de différents niveaux de mémoire, faits de phases narratives entremêlées,
isolément logiques et globalement cinglées, mais constituant
essentiellement le reflet authentique d'une vie contemporaine de
moins en moins compréhensible. Et si le personnage principal des
films de Lynch n'était autre que le concept d'inquiétante étrangeté de
Freud ? Welcome to the atrocity exhibition ! »
Sébastien Raizer, Camion Noir