Oeuvres complètes. Vol. 1. Panégyrique de Trajan

« J e crois que, lorsqu'il s'agit de parler de notre prince, la première attention, non seulement d'un consul, mais de tous les bons citoyens, doit être de n'en rien dire qui semble avoir pu se dire d'un autre. Bannissons ces expressions que la crainte nous arrachait; ne parlons plus le langage de la servitude, nous n'en ressentons plus les malheurs. Changeons nos discours publics sur le prince, puisque nos entretiens secrets ont changé. Que la différence des temps se manifeste par la différence de notre style, et que l'on reconnaisse, aux seules formes de nos actions de grâces, à qui et sous quel règne elles ont été rendues.
L oin de nous l'adulation qui élève des autels aux princes, et les érige en divinités: ce n'est pas à un tyran, à un maître que ce discours s'adresse, c'est à un citoyen, à un père. L'empereur nous traite comme ses égaux; et, d'autant plus au-dessus de nous qu'il veut bien s'égaler à nous, il n'oublie jamais qu'il est homme, et qu'il commande à des hommes.»