Marie Stuart, une figure romantique ? : la destinée artistique de la reine d'Ecosse au XIXe siècle

Tantôt sanctifiée, tantôt vilipendée, assimilée tour à tour
à Marie-Antoinette, à la duchesse de Berry ou à une prophétesse
d'une religion nouvelle, Marie Stuart suscita,
tout au long du XIX<sup>e</sup> siècle, passion et intérêt. Peinte,
gravée, chansonnée, romancée, mise en scène et à l'opéra,
cette figure récurrente offre, plus de deux cent cinquante
ans après sa mort, une vision contrastée à l'instar de sa
vie à l'interprétation ambiguë.
Héritiers de la tradition catholique ou bien protestante,
historiens et artistes forgèrent du personnage une image
polysémique, de la pieuse martyre, victime innocente
d'une machination machiavélique, à la femme adultère,
meurtrière de son époux, reine cruelle et dépravée.
Ce catalogue montre l'influence décisive de l'ère romantique
pour la postérité dans la perception de Marie Stuart,
à savoir une femme sacrifiant sa vie et son honneur
à sa passion. Mais au-delà de cette veine troubadour,
il manifeste l'actualité de cette figure revendiquant
son droit à la liberté face à la raison d'État incarnée
par Élisabeth I<sup>re</sup>. La cristallisation du débat autour de
la vie privée de la souveraine témoigne en effet d'une
difficulté persistante à penser la place des femmes dans
le monde politique.