Le vaisseau des morts

Le bateau de Gerard Gale a quitté le port d'Anvers sans
lui. Commence alors pour ce marin américain une odyssée
à travers l'Europe des années 1920. Sans papiers,
sans argent, il n'est plus rien, n'existe plus, chaque pays
tente de se débarrasser de lui en lui faisant passer la
frontière la plus proche en douce. Il s'embarque finalement
sur la Yorikke , un vaisseau fantôme, un «vaisseau
des morts», cercueil flottant voué au naufrage pour
que l'armateur puisse toucher la prime d'assurance,
et toujours assez bon, tant qu'il tient l'eau, pour se
livrer à tous les trafics. Il y connaîtra l'enfer.
Premier roman de B. Traven, publié en Allemagne en
1926, Le Vaisseau des morts (proposé ici dans une nouvelle
traduction, enfin intégrale) dénonce capitalisme et
inégalités sociales sans fausse candeur. Si le burlesque
l'emporte dans les premières pages, le réalisme s'impose
bientôt pour décrire les conditions d'existence
de ceux qui, dépouillés de tous leurs droits, morts vivants,
acceptent les indignités les plus scandaleuses, sans
pourtant cesser d'espérer.