Les droits de l'homme : une grammaire du développement

Les libertés s'écrivent et leur ensemble forme une grammaire , c'est le
principe même de la démocratie, pour son fonctionnement au quotidien,
et pour sa capacité de progresser à l'aide d'une interprétation de plus
en plus intelligente, partagée et responsable, des libertés. Si les droits de
l'homme constituent le système international actuellement le plus abouti
de règles pour écrire les libertés dans tout système politique et juridique,
son écriture n'est pas achevée. Or, depuis la Conférence de Vienne,
dont nous fêtons le 20<sup>e</sup> anniversaire, les trois grands principes d'universalité,
d'indivisibilité et d'interdépendance, renforcés par l'expression de droits
«intimement liés», sont constamment rappelés dans les documents officiels
de l'ONU. Cette évocation constante se réfère cependant plus à des
principes généraux qu'à des critères contraignants.
La grammaire du droit au développement est ici en première ligne :
ce n'est pas un droit supplémentaire dans la liste des droits de l'homme, c'est
le droit à leur interdépendance. Les droits, les libertés et les responsabilités
sont des vecteurs inter-reliés de développement ; ils sont à la fois fins et
moyens. Leur prise en compte garantit une approche réaliste, respectueuse
de la complexité. Enfin, ils présentent un tableau de valeurs qui permet de
construire des indicateurs dynamiques.
Nous nous proposons d'analyser ici de façon systématique quelques
connexions de droits de l'homme qui sont les plus remarquables pour le
développement des personnes et pour le respect des grands équilibres, civils,
culturels, écologiques, économiques, politiques et sociaux. Cet ouvrage est
une contribution aux «approches du développement basées sur les droits
de l'homme».