Al- Biruni, un génie de l'an mil

Al-Biruni (973 - v. 1050), l'Aliboron du Moyen Âge, a été bien
moins connu, et beaucoup plus tardivement, que son contemporain
et compatriote Avicenne (980-1037). C'est pourtant un autre de ces
très grands savants persans d'Asie centrale qui ont donné tout son
éclat à la science arabo-musulmane médiévale, à une époque où sa
filiation intellectuelle avec la science grecque était reconnue et
revendiquée.
Il apparaît comme un savant encyclopédiste : au-delà de ses deux
spécialités de base, les mathématiques et l'astronomie, il a été historien,
ethnologue, minéralogiste, pharmacologue, traducteur et
poète. Son Livre de l'Inde , réalisé entre 1027 et 1032, est un incomparable
témoignage de première main sur les divers aspects de la
civilisation indienne. Il avait traduit un poème malheureusement
disparu sur les deux Bouddhas de Bamiyan.
Musulman croyant, d'une insatiable curiosité intellectuelle, il a su
porter un regard bienveillant et scientifique sur les autres religions
et civilisations de son temps. De ses 180 écrits, seuls quarante sont
parvenus jusqu'à nous, beaucoup étant encore inédits dans les langues
européennes. Il reste beaucoup à faire pour exploiter ses travaux, et
ce petit ouvrage vise à servir d'introduction dans cet esprit.