Photogénie du désir : Michael Powell et Emeric Pressburger, 1945-1950

Photogénie du désir : Michael Powell et Emeric Pressburger, 1945-1950

Photogénie du désir : Michael Powell et Emeric Pressburger, 1945-1950
2009324 pagesISBN 9782753509641
Format: BrochéLangue : Français

Souvent méconnue en France, mais influente sur plusieurs générations de cinéastes, la filmographie

profuse du britannique Michael Powell articule la fantaisie et l'élégance, l'humour et la gravité, la fureur

et l'ellipse. Ses films réalisés après-guerre en collaboration avec le scénariste d'origine hongroise Emeric

Pressburger sous la bannière des Archers, leur propre compagnie de production, représentent la période la

plus féconde de son oeuvre. Je sais où je vais !, Une question de vie ou de mort, Le Narcisse noir, Les Chaussons

rouges, The Small Back Room et La Renarde frappent, tous, par leur inventivité formelle, leur liberté de

ton, leur exigence artistique, leur densité. Chacun sollicite aussi bien la pensée que le corps du spectateur.

Comment la narration et la représentation y sont-elles, à l'occasion, suspendues ou défaites ? Pourquoi

leur vision est-elle si poignante ? Comment qualifier la singularité de la poétique powellienne ?

Parce qu'ils inquiètent la perception, ces films interrogent le supposé réalisme de l'image

cinématographique : ils perpétuent et enrichissent la réflexion sur le concept de photogénie défini par les

premiers théoriciens du cinéma. Ils substituent au réel, qui reste leur référent, l'invention d'un monde

dont est privilégiée la part invisible et qu'imprègne le sentiment du fantastique. L'analyse des films met

au jour une esthétique du débordement que révèlent la dialectique du trompe-l'oeil, entre masquage et

désignation, l'expressionnisme en Technicolor et la virulence d'énoncés au pouvoir inattendu. La mise en

scène de la puissance du désir, dont les personnages féminins sont la cible mais aussi et surtout la source,

fait émerger fantômes et fantasmes. Dans sa circulation entre l'écran et nous, le désir est la substance de

la photogénie powellienne. Celle-ci n'est nullement une complaisance faite au regard, mais ouvre sur sa

jouissance, vertigineuse.

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