Rouge de muleta : la revanche de la perdrix

Les villages blancs d'Andalousie
renvoient des ombres fulgurantes
d'un mur à l'autre. Chaque passant
se laisse perforer de ces traits
impalpables, perçants comme des
flèches empoisonnées mais jamais
mortelles à la première piqûre. Et
dans ce paysage étrangement venimeux, comment
devenir torero. Français ou espagnol, le jeune apprenti
se cogne à des bêtes montrant la longueur du chemin
des sueurs froides du bout de leurs cornes-poignards.
Ils ne se méfient pas assez. Les vacheries viendront plus
des humains, de leurs entourages intrigants. Toutes les
bonnes volontés, les vertus altruistes et les exemplarités
tomberont dans la fosse. Quoiqu'il advienne !
A Medina Sidonia, les toros du Corbacho Grande
paissent comme des témoins muets. Dans les arènes
françaises ou ibériques, d'autres mâchoires ruminantes
sur des chewing-gums rengorgent les mots à ne pas
dire. Il reste toujours quelque chose de pourri dans les
bois des talenquères. Surtout quand deux novilleros
concurrents ne voient pas plus loin que leurs pieds
qu'ils s'évertuent à ne pas bouger. Si les toros élevés par
Juanito pouvaient parler...
La sueur née des pires intentions sent l'aigre. Les
gouttes perlant aux fronts vertueux gardent le goût du
mauvais sel. Le " mundillo " ne se tient pas en pitié. Et si
en plus les femmes et la police s'en mêlent ! L'âme de
Don Celestino ne reposera donc jamais en paix ?