La cuisine classique : études pratiques raisonnées et démonstratives de l'école française appliquée à la russe

Urbain Dubois cuisinier français né à Trets en 1818, fait son
apprentissage dans les cuisines de la famille Rothschild, rendues célèbres
par Carême. Il entre ensuite au «Café Anglais» sous les ordres de Dugléré,
puis chez «Tortoni» et au «Rocher de Cancale».
Mais c'est essentiellement à l'étranger que se déroulera sa carrière.
D'abord en Russie chez le prince Orloff et en Allemagne où il est chef des
cuisines de Guillaume I<sup>er</sup> et où il officie avec Émile Bernard qui avait été
au service de Napoléon III.
L'association de ces deux cuisiniers fut l'une des plus heureuses de
l'histoire culinaire. Urbain Dubois est un spécialiste du décor et il aime
particulièrement les présentations sur socle. Il est aussi un défenseur du
service «à la russe» où les mets sont présentés coupés contrairement au
service «à la française» ; novateur sans relâche, il contribua à dépoussiérer
les canons en place, tandis que Bernard, réalisateur sans pareil, donnait à
ses recettes une indéniable dimension artistique.
Inscrivant leurs talents dans leur époque, ils exhortent leur discipline à
se mettre au service du progrès et de la modernité. Lors de sa parution
(1856 pour la première édition), ils présentent en effet La cuisine classique
comme un livre sérieux et méthodiquement raisonné, s'appuyant d'un côté sur
les préceptes enseignés, de l'autre sur l'expérience et la pratique, et qui était
également nécessaire et réclamé par les besoins du temps [...] car depuis
Carême [...], aucune oeuvre importante et complète, abordant hardiment la
haute cuisine pour la traiter au point de vue moderne, n'avait été produite.
Devenu une référence, l'ouvrage demeure extrêmement prisé par tous
les passionnés d'histoire gastronomique, il est par ailleurs illustré de
magnifiques planches gravées.