Résolument moderne : Gauguin céramiste

"La belle Oviri d'Orsay,
qui a les seins menus et les
fesses évasées, possède de
gros sourcils, bien marqués,
et une très longue chevelure
enveloppant les épaules.
Jambes trapues, tête démesurée
: une telle isométrie,
on le constate avec le Père
Paillard et Thérèse , est
usuelle chez Gauguin. Son
sensuel déhanchement, qui l'apparente au contraposto de
L'esclave mourant de Michel-Ange, se retrouve au même
moment dans Le baiser d'Edvard Munch. Lovée sur elle-même,
pelotonnée, Oviri semble fléchir sur les genoux et
donne une impression d'apesanteur, tout en semblant simultanément
amorcer un évanouissement. D'apparence juchée
sur un loup (Gauguin lui-même, celui que Degas appelle
"Le Loup maigre sans collier" ?) ou un renard, qu'elle semble
fouler du pied - le goupil malicieux de La perte du
pucelage dont le modèle est Juliette Huet, une jeune lingère
de vingt ans avec laquelle il vit à l'époque -, mais, loup ou
renard, cela revient finalement au même, elle pourrait être la
métaphore de l'artiste terrassé par sa propre créature."