L'enfer, hier, dans le corps, aujourd'hui, dans l'âme

L'enfer, hier, dans le corps, aujourd'hui, dans l'âme
Exploités des années durant par leurs maîtres, les Ehel Ely, comme tous les esclaves de leur état, M'Boïrick et Mbarka-Alina ont fini par quitter la campagne, chassés par les aléas climatiques, l'injustice des uns et l'arrogance des autorités administratives. Arrivés en ville, ils exercent des travaux domestiques qui leur permettent de survivre et d'assurer l'éducation de leur fils unique, Issellem-Arbih qui se révèle un élève exemplaire. Ses parents vont le soutenir, insouciants des reproches des frères haratines analphabètes et du dédain exprimé par leurs maîtres qui considèrent que l'éducation des esclaves est une perte de temps ; leur place étant au champ ou derrière le troupeau. Mais Issellem-Arbih réussit à décrocher son diplôme de médecin et son jeune maître s'empresse de le récupérer en lui trouvant un poste juteux. Rattrapés par l'ère des démocraties, la politique des allégeances et du renoncement aux idéaux, Issellem-Arbih et son jeune maître se séparent, car « l'ancien-présent esclave » refuse de perpétuer les compromissions et la servitude continue. C'est l'occasion pour le narrateur d'expliquer le processus de prise de conscience des haratines et la naissance du premier mouvement de lutte contre l'esclavage, El Hor, dont les principes inspirent l'attitude de révolte d'Issellem-Arbih.
Ce roman qui dévoile l'âpre vérité de l'esclavage a la force de la dénonciation et une vocation militante pour ne pas dire une portée d'engagement politique.
Mamadou Ould Dahmed
Chef du département des langues vivantes à l'université des lettres et sciences humaines de Nouakchott Al aasrya de Mauritanie