L'année du rugby 2012

C'est un record de longévité dans l'édition que bat L'Année du rugby en
fêtant sa quarantième année, un record qui témoigne de la fidélité de
ses lecteurs au fil des saisons de toutes les couleurs, le bleu en premier.
Un record comme une grande et exceptionnelle affaire de coeur.
Par opposition au football et à certaines de ses attitudes, la société est
de plus en plus rugby, la planète ovale n'en finit pas de recruter des
enfants de tous les âges pour se passer le ballon et admirer les images. Ils sont
très nombreux, désormais, à vivre ce jeu où il fait bon transmettre et partager,
à resserrer les liens d'une solidarité sacrée. Tant de qualités se retrouvent au
rendez-vous de cette quarantième Année du rugby , pleine des mots et des photos
qui sont les clés de son incroyable longévité.
La belle expression de Jacques Perret, «le rugby est ce jeu où les triomphes ne
sont jamais que des essais», résonne dans cet ouvrage qui met l'accent sur les
réussites et les échecs des Bleus de France, pas toujours à la hauteur de leur titre
de «vice-champions du monde». Philippe Saint-André a pris la succession de
Marc Lièvremont et l'équipe de France, encore guidée par Thierry Dusautoir
sur le terrain, a vécu une saison de toutes les couleurs, de toutes les douleurs.
Pas de Grand Chelem ni de première place dans le Tournoi des Six-Nations,
mais des matches intenses jusqu'au dernier, dans le Millennium de Cardiff,
où fut consacré le triomphe des Gallois si malchanceux dans le Mondial de
Nouvelle-Zélande. C'est ainsi que l'équipe de Sam Warburton a offert son onzième
Grand Chelem au plus beau peuple du rugby avec les Néo-Zélandais. Par bonheur,
il y eut un deuxième test à Tucumán contre l'Argentine (49-10) pour laisser
l'équipe de France sur de généreuses promesses.
Toutes ces péripéties, en accord avec les rebondissements imprévisibles d'un
drôle de ballon, sont dans L'année du rugby 2012, qui n'en finit pas de vibrer
en consacrant une large place à la Coupe d'Europe et au Championnat de France.
Ces deux compétitions ont gardé leurs maîtres. Les Irlandais du Leinster ont
conservé leur titre européen, le troisième dans leur palmarès, soit un de moins
que le Stade Toulousain. Brian O'Driscoll et les siens ont une nouvelle fois séduit
par leur rugby complet qui leur a permis de marquer, en deux finales d'affilée,
huit essais. Quant au Stade Toulousain de Guy Novès, il a confirmé qu'il était
bien le plus grand club de l'histoire du rugby français en décrochant son
dix-neuvième bouclier. Cette fois, à la suite d'un énorme duel au pied entre le
Néo-Zélandais Luke McAlister et l'Anglais Jonny Wilkinson, c'est un tonitruant
Toulon qui a dû s'incliner sans cesser, sous la direction de Bernard Laporte, de
clamer ses ambitions. Clermont et Montpellier auront brillé par le jeu au long
de la saison mais, à la fin, ce sont encore et toujours les Toulousains qui ont gagné.
Christian Montaignac, d'un même lyrisme, écrit le roman de cette saison toute
de chocs et de passions, et déploie des documents dans tous leurs éclats.
L'année du rugby 2012 donne à voir et à aimer selon une tradition qui a
fait le succès d'une série extraordinaire, pas seulement dans la durée. Car la
quarantaine est ce bel âge qu'il fait bon savourer au fil des pages. Passez jeunesse,
et que la fête continue.