Des poètes normands et de l'héritage nordique

Depuis les élans du Romantisme jusqu'au renouveau
de la littérature dialectale, en passant par les
grandes fêtes du Millénaire de 1911, ils furent
nombreux les poètes normands qui célébrèrent les
Vikings et ces «drakkars» qu'il conviendrait, à en
croire les savants, de renommer snekkars ou esnèques.
De leurs vers, écrits dans le style d'une époque littéraire
aux reflets d'incendies, devait naître ce
que l'on a appelé «le mythe nordique», c'est à dire
non pas une fantasmagorie mais la prise de
conscience d'une réalité identitaire, originale
entre toutes. Les portraits d'une quarantaine de
ces écrivains sont ici rassemblés, avec un choix de
vers où l'on peut entendre le fracas des épées, le
tumulte des vagues, l'appel des Walkyries et ce
chant profond venu du Nord sur «la route des
cygnes». Les paroles du dieu Odin rassemblent-elles
encore le peuple vivant sur cette terre normande,
dont le premier duc Rolf le Marcheur, dit
Rollon, avait affirmé à ses compagnons scandinaves,
Norvégiens et Danois : « Nous en resterons
maîtres et seigneurs » ?